bidouillage

Je ne suis pas forcément très manuelle, mais je suis manuelle-wanna-be. C’est-à-dire que je vais toucher à des trucs et puis au fur et à mesure de pas y arriver, à la fin, j’arrive à quelque chose.

Lorsque j’ai acheté le premier vélo neuf de ma vie (et que je croyais à ma taille) en juin 2020, j’ai pensé faire un choix éclairé. Puis au fur et à mesure de connaître mieux mon matériel, ainsi que ses limitations, j’ai compris qu’il me restait encore pas mal de choses à apprendre.

Premier départ de voyage en vélo avec un vélo de 2 jours

Alors j’ai amélioré ma bicyclette petit à petit. Pour les experts les plus avisés, cette solution n’a financièrement pas été la bonne, car je me suis retrouvée à acheter un vélo de plein pot pour ensuite l’améliorer avec des pièces individuelles achetées encore plus chèrement.

Mais d’un point de vue débrouille et connaissance, ça a été une véritable mine d’or.

Pour vous donner une idée du point de départ de ma connaissance de vélo, lors de la commande de mon Specialized Diverge, on m’a demandé si mon vélo avait un double-plateau. J’ai haussé les bras en disant « oui, je crois ». Deux mois plus tard, après avoir galéré dans les Apennins d’Italie, j’ai bien compris que le vélo que j’avais choisi était en monoplateau et j’ai vite compris l’intérêt du dérailleur avant.

Alors pour commencer cette métamorphose digne de frankestein (si on en venait un jour à le pimper pour le rendre plus performant et plus léger, qui sait, parfois ça peut être utile), j’ai commencé par changer les roues. Celles de bases étaient inconnues du bataillon sur le site du fabricant, témoignant du côté premier prix des équipements qui accompagnaient ce cadre en carbone. J’ai fait mes recherches et j’ai décidé de partir sur des roues DT Swiss PR 1600 en aluminium. Je n’avais pas le budget pour passer sur du carbone donc j’ai fait le choix de roues plus légères et plus performantes dans la même matière que celles que j’avais actuellement.

Bien que ça ait allégé le vélo, honnêtement, je n’ai pas tellement senti de différences en terme de ressenti ou de sensations et j’étais un peu déçue de l’investissement.


Quelques mois sont passés, et j’ai pu utiliser mes différentes paires de roues pour différentes utilisations entre route et gravel. J’ai compris que malgré mon enthousiasme d’essayer d’aimer la boue, la technique ne suivait pas et je voulais pouvoir m’améliorer sur l’aspect que je maitrisais le mieux : la route.

Via le groupe de Ridéon avec qui j’ai participé à deux projets pendant le printemps et grâce à Easton, j’ai pu ainsi rouler sur des roues carbones. Là, ça a été une révélation. Bien qu’elles soient le même poids que mon investissement DT Swiss, la sensation des EC90 SL était complètement différente et j’avais l’impression de changer de vélo. Très honnêtement, j’ai parfois du mal à comprendre les reviews de matériel de cycle lorsqu’on parle de plus de rigidité, de x ou d’y… Mais là, j’avais l’impression d’avoir fait un saut plus important en passant de l’aluminium à du carbone plutôt que l’amélioration entre des roues bas de gamme en aluminium et haut de gamme du même matériel.

La seule chose à noter avec ces roues en carbone a été leur profil. Celles-ci ont un profil un peu plus important que mes roues précédentes et lorsque je roule avec du vent de côté, il faut que je fasse attention de bien rester droite et de ne pas être surprise par les écarts possibles en cas de bourrasques.

Avec cela, j’ai pu tester les Hutchinson Fusion 5 Performance, disant au revoir aux pneus Specialized qui venaient de bases avec le vélo. Plus de 5 000 km plus tard, après avoir arpenté des tarmacs de rêve dans les montagnes aux quais parsemés de morceaux de verre à Paris, je suis heureuse de déclarer que je n’ai toujours pas crevé. Ça m’arrange bien, car malgré mes bidouillages, enlever et remettre un pneu me prennent toujours un temps beaucoup trop fou. Je compte en remettre des neufs avant la Race Across France pour ne pas tenter diable et j’espère bien être repartie pour 5 000 km de tranquillité.

Suite à mon étude posturale, j’ai également échangé mes pédales SPD par des pédales routes. Cette évolution bénigne m’a quand même permis de bénéficier d’un pédalage plus efficace et aussi de me rendre compte que les pédales SPD que j’avais réutilisées de mon Giant étaient bien trop lourdes.

Le changement suivant a été le pédalier. Un âne mort en Sram Apex, le plus bas de gamme de chez Sram, en aluminium. Utile pour s’en servir comme pied-de-biche en cas d’agressions. J’ai changé le pédalier pour les manivelles Sram Force, en carbone et avec la particularité de la technologie Direct Mount. Celle-ci permet de se passer de l’étoile et de monter d’autres plateaux plus facilement. Par la suite des choses, j’ai changé le plateau pour un Absolute Black, la fameuse invention ovale qui est censée aider dans les montées. Mon manque de compétence en montée ne me permet pas de dire si je monte plus vite, mais pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre de douleurs de genoux en montagne, autres que les habituels résidus après huit cols d’affilée.

Enfin, le dernier changement en date a été la selle, où j’ai échangé celle qui venait de base avec le vélo pour une Specialized Pro Elaston avec Mimic, adapté pour la morphologie féminine. Bien que j’aie eu beaucoup de chance avec la selle qui venait avec le vélo de base (de bonne largeur, sans -trop- de douleurs malgré un kyste), je cherchais des phases d’améliorations pour éviter les irritations. Après avoir changé mon bib pour essayer un Assos, je passe sur la gamme au-dessus du support fessier en croisant les doigts pour que cela retarde l’apparition des tant redoutés furoncles. À voir donc comment est-ce que les choses évolueront, mais je croise les doigts pour que je puisse réaliser mes projets de cet été en toute quiétude !

D’autres petites évolutions intervenues en cours de route concernent le changement du boitier de pédalier pour un boitier avec des roulements en céramique, ainsi qu’un dérailleur de la gamme au-dessus de chez Sram. Ces améliorations étaient survenues à l’occasion de promotions et de bons prix trouvés, Sram ne souffrant pas de la même pénurie que Shimano.

Voilà, ces petits changements ont petit à petit allégé le vélo (de 10,5 kg à 8 kg) et amélioré les sensations. Finalement, il ne reste plus grand-chose des éléments qui venaient de base, et le cadre et le guidon peuvent s’estimer heureux d’être les seuls survivants de cette hécatombe matérielle.

Bien entendu, une chose importante à rappeler, et que ne manqueront pas les plus aguerris de me souligner, ces changements ne servent à rien s’ils ne sont pas accompagnés d’un entraînement qui permet de s’améliorer soi-même sur le vélo. Un vélo de 6,5 kg avec le meilleur matériel ne vous fera pas aller plus vite qu’un vélo en acier de 12 kg et un groupe bas de gamme si vous ne l’accompagnez pas d’une meilleure condition physique.

De mon côté, je dois dire que j’aime bien me documenter et bidouiller mon vélo. Et cela m’aide également de savoir que je ne suis pas limitée par mon matériel, mais par mon corps. Cela me fournit une meilleure motivation de savoir que si je veux devenir meilleure, cela ne dépend que de moi et que je suis ne plus freinée par un vélo qui me cause des douleurs et/ou n’est pas adapté.

Il faut aussi dire que même si je ne suis pas très manuelle, c’est une satisfaction énorme que de pouvoir se dire qu’on arrive à faire tous ces petits bidouillages sur son propre vélo. Certes, ça me rappelle mes premières expériences aux Pays-Bas où je me suis retrouvée à couper mon propre câble de frein, ou alors la fois où j’ai serré mon propre pédalier sur mon pignon fixe et que le plateau s’est progressivement desserré au point de se détacher en roulant. Depuis, c’est avec humilité que je bidouille mes affaires et que j’emmène ensuite mon vélo chez des professionnels pour qu’ils vérifient les bêtises que je viens de monter. Pour l’instant, heureusement, je n’ai pas tellement eu d’autres surprises que j’ai des cassettes mal serrées sur des roues que j’ai montées.

En plus, c’est toujours un bonheur de constater qu’on ne sait pas faire des trucs – Photo @flavine_slordel

Voilà, c’est tout pour moi sur les modifications apportées à mon Frankenstein de vélo. Je pense que le stade suivant sera clairement une nouvelle bicyclette, si possible sur mesure et adaptée à la pratique vers laquelle je me dirige : être sur un vélo longtemps et aller loin, à mon rythme.

Enfin, c’est en bidouillant qu’on apprend. Donc je vous invite, à votre tour aussi, à bidouiller 🔧


While I would love to be a handicraft person, ready to fix anything in a wink, experience has shown that I am not. What I’m good at though is keep trying to fix things, and at the end, while the result may different from what I intended, I end up getting at something.

In June 2020, I bought a new bike for the first time in my life. It’d be one that’d fit me for a change, and I thought I did the necessary research to understand what I was getting. When I was asked if I had gone for a double crankset or not, and that, I muttered « Yeah, I think so…? » I understood that I did not, in fact, do the necessary research.

While kilometer by kilometer I learned more about my bike, it was by progressively changing pieces there and there that I really understood how a bike worked. So I decided to make of my bike a type of Frankestein experience, upgrading bits that I found along the way.

You’d be right to say this wasn’t the wisest decision as I almost ended up paying for two bikes, one that came fully equiped and then the separated, better pieces of equipements. But it was the wisest choice learning-wise.

To start this metamorphosis, I first changed the wheels. The ones that came with the bikes were some no-named Specialized that didn’t even appear on the website. To me, they were heavy, unreactive circles attached to the bottom of my bike. After some research and advice, I went for the DT Swiss PR 1600  in aluminium. I couldn’t afford to go for carbon wheels, so I decided to stay with the same material as my initial ones but go for lighter and more performant characteristics.

I gotta say, I was pretty disappointed. Even though it did make the bike lighter, I felt no differences when riding them and I was a bit disappointed to have spent so much money upgrading them for so little result.

Some months went by and I was using my different pairs of wheels depending on the use, may it be for road riding or gravel paths. I understood that despite me trying my best to become a mud lover, the mud was having none of it and I only felt comfortable on the road. I decided it’d be best to focus on that practice for now.

Following that train of thought, I had the opportunity to try carbon wheels for the first time, from Easton. Even though they were the same weight as my DT Swiss ones, the EC90 SL made me feel like somehow I had a new bike. While I don’t understand much of cycling reviews talking about rigidity or more nervousness in that or that equipment, I did feel that something was different and it felt much better, whatever it was. I felt like I had just jumped a much bigger gap by going from aluminium to carbon rather than upgrading the types of aluminium wheels I was using. The only thing I had to be careful of with that new experience was the wheel profile of the EC90 SL. These were much higher and I could feel on the road when the wind was coming sideways.

With these new wheels, I tried new tires. Saying goodbye to the Specialized tires that came with the bike, I tried the Hutchinson Fusion 5 Performance. I am happy to report that after more than 5 000km, I still had no flat, may it be from the smooth roads of the Alps to the scary glass-ridden streets of Paris. Not having flats is fine with me, as I am a slow disaster at repairing them. I will renew the tires for the Race Across France so that I don’t end up playing with fire with some used-tires, but I look forward to some more tranquillity made of endless rides with no mechanicals.

Following a bike-fitting I had in January, I also switched my SPD pedals to proper road-clip ones. It might sound like a small upgrade but it allowed me to understand that the SPD pedals I re-used were heavy for nothing and I felt more efficient while pedaling in the end.

The next item to go the bin was the dear  Sram Apex crankset, weighting, as we say in French, the weight of a dead donkey. Not sure why we chose the donkey, but here we are, and I’m sure weight-wise, that’s a great metaphor. I changed it for a Sram Force crankset in carbons, and with the Direct Mount technology. The idea here is to get rid of the spider and allow easy mounting of other chainrings. I didn’t wait further and installed an oval Absolute Black one. In theory, it helps with climbing and knee pain. While I still suck at climbing, I haven’t had that much pain in my knees, and this, despite the 8 passes I’ve climbed in two days in the Pyrenees after 1000 km.

The last upgrade was the saddle. As you may have followed my boil adventures in my Born To Ride, I would love to delay the appearance of painful bumps on my butt while riding. So I switched to the Specialized Pro Elaston avec Mimic, theoretically adapted to women’s body shape. Even though I kind of got lucky so far with saddles (if we forget the cyst incident), I wanted to find ways to improve my comfort on the bike. A new bib short and this, and hopefully that should do it!

Some other changes include the change of a bottom bracket for ceramic bearings and a new derailleur from Sram to go for lighter materials. These little upgrades came following nice prices I found online, Sram being way less affected by shortage of materials than Shimano it seems.

In the end, these little changes ended up saving some weight on the bike (about 2,5 kg) and give overall better sensations. I know there isn’t much of the original bike left when looking at each individual piece, and I guess the frame and the cockpit are the happy survivors of this big spring-cleaning.

One thing to say, and that I was reminded many times throughout this year: getting better material without getting better on the bike itself will serve no purpose. It does not matter if your bike weights 6.5 kg in titanium or 12 kg in steel, if you do not have the legs and the stamina behind, these are feeble upgrades.

On my side, I gotta say that I enjoy touching up my bike. It helps me understand my equipment better and it also gives me no excuses else than myself. If I can’t do something, it’s not because of my bike. It’s because of me, and there is an easy solution for that: I work it out.

On another hand, it is also a great gratifying result to know how to fix up things and change them yourself. Well, it’s true that to reach this stage I had to go through the times when in the Netherlands I cut my own front brake cable. Or this time when I built my own fixed gear bike where I didn’t tighten the crankset enough and it just unscrewed while I was biking brakeless.

Now, this is with a certain sense of caution and humility that I touch up my bike, and then go see specialists so that they can check which creative mistake I’ve made again. For now, thankfully, I’ve had nothing but a couple of cases of not well-tightened cassettes on wheels I assembled myself.

This is it on the few (or many) changes I’ve made to my bike. Ideally, the next stage would be to build an entirely new bike, preferably custom-made to adapt it to my tiny size and to my big ideas. Riding for a long time, far and at my own rhythm.