race across france 2021 – race report (partie 2)

Je me réveille une minute avant que le réveil ne sonne. Je prends ça comme un signe que c’est bon, j’ai suffisamment récupéré. Je me prépare, je vérifie les réparations aux divers scotchs trouvés sur la route sur ma sacoche, et je redémarre. Je suis accompagnée de Marjorie sur ce départ matinal. Mais dès la première montée, je me retrouve de nouveau seule.

Après les gorges du Verdon, ce sont celles du Vercors qui se découvrent au soleil levant. Je n’ai pas besoin de mettre de musique, je me laisse porter par les paysages et les bruits du jour qui se réveille. Je dépasse certains cyclistes en pleins brossages de dents et puis ceux-ci me re-dépassent plus tard dans la montée. Nous jouons un long jeu de course-poursuite sur plus de 1000 kilomètres.

La sortie du Vercors sera longue. J’ai beau me sentir en pleine forme, je vois bien que je n’arrive pas à appuyer sur les pédales. De plus, mon cœur semble péniblement traîner autour de 125 battements par minute, même en pleine montée. Je le vois bien, mais je ne peux pas faire grand-chose, alors je continue doucement mon avancée.

Je descends sur le sud de Grenoble et après l’euphorie de la descente, des douleurs au niveau de la selle me rappellent à l’ordre. Je me suis promis de m’arrêter pour régler ça avant que ça ne devienne insupportable et pour l’instant, j’ai réussi à tenir plus de 40h. Je m’arrête dans des toilettes publiques et je commence l’opération que je vais répéter 3 fois de plus jusqu’à la fin de la course : je désinfecte, j’applique de la crème antiseptique, j’applique de la crème cicatrisante, et je repars. Cela me prend du temps, mais je sais que je me donne la meilleure chance que cela ne s’infecte pas et que ces petites irritations ne deviennent pas des furoncles en puissance à la suite du voyage. Un nouveau genre de douleurs m’accompagne, une conséquence de la nouvelle selle que j’ai brillamment installée il y a 3 semaines. Une sorte d’écrasement, à la fois des parties génitales et à la fois des ischions. La peau a l’air « saine » si ce n’est qu’elle est écarlate et endolorie.

Je continue, montant lentement et douloureusement vers Bourg d’Oisans. Même une pente douce montante me paraît aussi difficile qu’un col.

J’attaque l’Alpe d’Huez en essayant de ne pas m’arrêter. C’est un échec assez rapide à cause du soleil qui ne me laisse aucun répit. Je décide de rester raisonnable et je m’arrête, autant de fois que nécessaire. Je fais coïncider chaque pause avec un endroit où le torrent est accessible. Je me rafraîchis la gapette et le visage, et je redémarre. C’est long, mais j’avance et je le fais en essayant de ne pas trop souffrir du soleil.

Une fois le sommet atteint, j’entame le deuxième morceau : le col de Sarenne. J’en ai beaucoup entendu parler et a priori, c’est là où j’aurais aussi effectué une partie de mon apprentissage de conduite. (ça s’est tellement bien passé à l’époque, qu’au milieu de la descente du col, je suis descendue de la voiture et j’ai laissé le volant à quelqu’un d’autre)

Col de Sarenne

Sarenne est magnifique et bien différent de l’Alpe d’Huez qui me laisse un goût d’urbanisme montagnard beaucoup trop prononcé en bouche. Je suis tellement lente que je décide de laisser tomber le stress du compteur et j’admire la vue. Je me perds dans les photos et je reprends le plaisir de pédaler dans de tels coins. Je m’extirpe jusqu’au sommet et une fois de plus, je profite.

J’échange quelques mots avec une famille, leur sommant que je suis dans une course et qu’il me reste encore du chemin. On finit par discuter pendant une demi-heure et je repars avec du réconfort moral pour la descente. Celle-ci est grisante. Je me rappelle pourquoi j’aime faire du vélo, alors que je me traîne douloureusement dans les montées.

Col de Sarenne

Motivée par les cyclistes encore dernière moi, je me suis trouvée à progresser avec un bon rythme sur ces 20 kilomètres. La soirée annonçant des orages, j’ai pris la décision de m’arrêter à Villar d’Arènes pour la nuit et je progressais avec ce but en tête. Arrivée à 19h30, j’eus le temps de diner/laver mes affaires/désinfecter les plaies pour être au lit à 20h30. Me permettant ainsi une nuit luxueuse de presque 7h.

C’est à 4h le lendemain que je redémarre, avec comme objectif optimiste de réaliser le reste du parcours en une seule fois. Le Lautaret est doucement, mais sûrement atteint et j’enchaîne sur le Galibier. Dire que c’était le seul col des Alpes que je me permettais de passer de nuit, car je le connaissais déjà bien, j’ai finalement pu le découvrir au lever de soleil et j’en suis bien heureuse. Montant au rythme des chamois effrayés que je voyais déguerpir au loin lorsqu’ils m’apercevaient, petit à petit, je suis arrivée au sommet.

Depuis le col du Galibier

La vue était royale, j’étais seule pour les 3h de montée. Sans attendre, je file vers Valloire et je descends à toute allure ces routes que je connais bien. L’euphorie est interrompue par une énorme marmotte suicidaire qui se glisse entre une voiture et moi. Je freine un peu pour l’éviter, me bénissant de ne pas avoir simplement écrasé les freins par surprise. Je deviens furieuse et choquée. Je passe le reste de la descente à maudire cette marmotte, à demi-tentée de remonter pour lui expliquer à quel point ce qu’elle venait de faire était dangereux et qu’à 70km/h, on y passait toutes les deux.

Je retrouve mon rythme de croisière lors de la longue et inexorable montée vers l’Iseran. Je sais qu’officiellement, celle-ci ne commence pas à Saint Michel, mais c’est tout comme. La montée vers Aussois est chaude, comme toujours et les nombreux nuages ne sont qu’un faible réconfort. Arrivée à Sollières, je ne vois personne sur le parking de la base de vie improvisée par des volontaires. Je me dis que je dois être arrivée trop tard et je me rabats sur le supermarché pour faire le plein de nourriture. L’objectif est de terminer en une seule fois et j’achète tout ce qu’il me faut pour planifier une arrivée le lendemain matin à Annecy.

Requinquée, je pars avec la même lenteur et miraculeusement, après de longues heures, de nombreuses pauses, des kilomètres marchés au-dessus de 10%, j’arrive au col de l’Iseran.

C’est beau.

Je recroise des cyclistes de la course, certains que je verrais pour la dernière fois, ceux-ci étant partis avec un enthousiasme et une énergie sans fin. Je re-croise Martina, une italienne qui s’est inscrite à la course et que je croise en chassé-croisé depuis plusieurs jours. Toujours avec un sourire, c’est une bille d’énergie sur un vélo coloré que j’ai toujours plaisir à saluer.

Col de l’Iseran

Je descends sur Bourg Saint Maurice et les orages tant attendus décident de se manifester à ce moment-là. 50km de descente et il n’en faut pas plus. Bien que j’arrive à échapper aux orages, au fur et à mesure de la descente, je sens qu’ils me rattrapent et j’arrive à Séez complètement trempée. Il est 19h et j’avais prévu de terminer les 3 cols dans la nuit. Je sens qu’attaquer le Cormet de Roselend dans cet état sera difficile et je n’ai même pas l’énergie suffisante dans les jambes pour justifier ça comme une bonne idée. Je m’arrête manger un burger, que je me force à finir et je prends dans la foulée une chambre d’hôtel. Le compte à rebours recommence et en 30mn, je suis couchée pour 3h de sommeil express.

Je redémarre à 1h du matin. L’orage semble être passé et j’attaque le Cormet sur des routes mouillées mais avec des vêtements secs. Malgré le fait que j’ai un peu plus d’énergie, je finis quand même par terminer le col à pied lors des portions à plus de 10%. La scène est parfois absurde.

Il est 2h du matin, je suis seule sur cette route de montagne sur plus de 20km. La nuit est silencieuse, la lune bien présente et je suis ici, seule, sur mon vélo. Mon esprit me convaint presque d’avoir peur de quelque chose tellement le contexte est grotesque. Mais rien n’y fait. Même l’énorme sanglier (je pense ?) qui file au loin d’un champ et que j’aperçois difficilement, ne me fait rien. Je réfléchis à des dangers potentiels et à part moi-même, je ne vois rien d’autre sur la route.

J’arrive au sommet et un éclat de lumière attire mon œil. Je regarde autour, mais je ne vois rien. Personne. Je me dis que je dois faire des hallucinations visuelles avec ma propre lampe. Je finis de prendre des photos et le flash de lumière recommence. Cette fois-ci, difficile de croire en autre chose qu’un véritable éclair, celui-ci très clairement déchire le ciel et est accompagné par un bruit de tonnerre.

Et merde.

Je maudis le ciel et je me prépare en toute vitesse. Je veux redescendre MAINTENANT. Je file à toute allure et je dévale le Cormet de Roselend. Je devine le lac, mais je ne m’arrête pas, sans cesse rappelée par les éclairs qui deviennent de plus en plus nombreux. Je compte les secondes avant le tonnerre, ça se rapproche. J’ai l’impression d’être dans un mauvais blockbuster américain avec un suspens à couper au couteau. J’arrive en bas du col, à la jonction avec celui du Col des Saisies.

Je réfléchis à ce que je devrais faire. Peut-être que je pourrais descendre à Beaufort, à quelques kilomètres ? Il est 4h30 du matin, pas sûre que je puisse trouver quoique ce soit d’ouvert pour attendre…

Les premières gouttes tombent et la sentence tombe. Le seau d’eau qui avait été alors jusque-là conservé précieusement pendant plusieurs mois semble s’abattre sur cet embranchement d’entre deux cols. Je me réfugie brusquement sous une falaise et j’attends. Progressivement, je me fais déloger par une semi-inondation qui se forme sous mes pieds. Dans la nuit, je parcours le croisement pour trouver un abri. Une vieille grange fermée avec un toit qui dépasse un peu fera l’affaire.

J’y ramène mon vélo et je me serre contre le mur. Des trombes d’eau s’abattent dans un rythme infatigable. Je décide d’attendre et je regarde les prévisions sur une app. Fin des averses: 45mn.

La recherche sous la pluie a mouillé mes vêtements et je commence à avoir froid. Je sors ma couverture de survie et le réconfort est immédiat. J’arrive à rester au chaud et je patiente. 30mn plus tard, le seau n’est toujours pas vidé.

Je décide de mettre ce temps à bien et je m’allonge sur le sol, m’enfermant dans la couverture de survie. Je mets un réveil toutes les 30mn, et je m’endors.

C’est au bout de 2h30 que la pluie s’arrête enfin. J’entends des voix au loin et je croise un cycliste qui avait dormi à Beaufort me saluer. Il est en temps de redémarrer. Ces 2h30 de sommeil en plus me semblent être un bonus non négligeable et je repars presque sèche.

Le Col des Saisies est long, mais la vue de Hauteluce dans les nuages est une belle récompense. En haut des Saisies, je découvre avec étonnement que c’est une station bien peuplée. Je redescends à toute allure, finissant cet avant-dernier col des alpes et terminant bientôt cette métaphore à grande échelle de montagne russe ascensionnelle.

Je décide de m’arrêter manger un morceau à Cluses avant d’attaquer le dernier col. Je sais qu’il va me falloir une concentration à toute épreuve. Sans doute à cause de la fatigue, je croyais que le Col de la Colombière serait le plus simple, mais c’est en réalité le plus difficile. Les 3 derniers kilomètres flirtent au-dessus des 10%. J’essaie de ne pas me laisser trop de temps pour réfléchir et je repars.

Je me donne la mission de ne pas poser le pied à terre afin que l’ascension du col ne dure pas 5h. Je me concentre. J’avance, je respire, je pédale. J’arrive au Reposoir, la partie plus calme, plus « reposante. » Mais je ne m’arrête pas et je continue. Je repars sur la partie qui grimpe et je vois enfin le col. Comme le Ventoux, celui-ci paraît accessible, mais il n’en est rien. J’attaque les 3 derniers kilomètres et je me remets à monter en zigzag. J’ai envie de m’arrêter. Je veux poser le pied. Je veux finir en marchant.

Mais je reste sur le vélo, je respire et j’avance. Je me mets en danseuse et j’alterne régulièrement. C’est long.

Le col est atteint. J’ai envie de tout relâcher. De laisser couler les larmes que je transporte depuis plusieurs jours, de laisser au pied du panneau le poids du stress et de la pression, de me laisser descendre sur Annecy en danseuse pour oublier les douleurs.

Cela dit, je le sais, ce n’est pas encore fini. Il reste 50 kilomètres avec deux petites côtes. Et comme le Lautaret, je finis par appréhender ces deux côtes. Dans ma tête, celles-ci deviennent plus difficiles que les cols alpins que je viens de grimper depuis deux jours.

Au pied de la première, je m’arrête pour enlever ma veste. Je me dis que ce serait dommage de me faire dépasser par quelqu’un à ce moment-là.

Je me fais dépasser.

Heureusement, ce concurrent s’arrête aussi. Je lui dis que je crains les côtes qui arrivent et il me rassure en me disant qu’elles ne dureront pas longtemps. En tee-shirt, je repars et je retrouve le rythme lent de pédalage et de force contre la pente. Première côte montée, ça redescend. Puis la seconde arrive. Je me traîne, encore, les jambes paraissent encore plus lourdes que dans le col de la Colombière.

Puis enfin, je descends, pour de bon. La vue du lac au soleil couchant avec les parapentes qui jouent avec les nuages me réconforte.

J’arrive à Doussard. L’arrivée est encore plus calme que le départ. Je tombe sur 3 volontaires qui m’applaudissent timidement. Celui qui m’a dépassé plus tôt est là aussi. Je me sens un peu confuse et je ne sais pas trop où me mettre. Je pose le vélo, on me remet une médaille, un tee-shirt et je prends la photo classique d’arrivée. Malgré la présence de ma mère, l’arrivée paraît anticlimatique.

La course était, certes, solitaire, mais le soutien reçu sur les réseaux sociaux et par les messages était très fort. Alors que je m’attendais à finir cette aventure d’un fracas, ce sont les quelques murmures fatigués des personnes présentes à Doussard qui la concluent. J’imagine que c’est à ça que la fin du classement ressemble. À des volontaires qui restent présents et souriants, malgré la fatigue accumulée des jours précédents. À des félicitations répétées et qui même si elles ne perdent pas en intensité, s’espacent de plus en plus jusqu’à en accueillir les derniers.

J’ai fini.

C’était ma première réelle course. J’ai la sensation de l’avoir sous-estimé, car elle m’a donné la sensation d’en avoir bavé. Pourtant, je suis arrivée au bout sans m’être mise en difficulté, sans atteindre le dégoût de l’effort et sans être arrivée au gouffre. C’était difficile, mais c’était faisable. J’ai eu des douleurs, mais elles ont toujours été gérables.

Enfin, je ne me suis jamais sentie seule. Que ce soit les salutations et les encouragements de chaque cycliste qui me dépassait, les « civiles » que je croisais hors de la course qui semblaient estomaqués de ce qu’on faisait, les amis qui envoyaient des petits messages et des sms réconfortants, la famille qui suivait anxieusement mon point bouger sur une carte ou toutes les personnes que je ne connais pas encore, mais qui m’envoyaient régulièrement leur soutien, finalement, je n’étais jamais seule sur mon vélo.

Alors voilà, maintenant, il faut préparer l’après. Faire le deuil du projet comme le dit ma mère. Cette Race Across France m’aura donné un objectif de 9 mois à suivre, malgré le rythme des confinements et des couvre-feux. Il ne « reste » maintenant plus qu’à me donner du temps, me reposer, profiter du vélo pour ce qu’il est: une balade à deux roues.

Je pars me balader. Et j’espère qu’à la fin de ma balade, je reviendrais avec des nouvelles idées pour me guider à travers cette nouvelle année 🤞


4:14 a.m. I open my eyes in this dark gymnasium, in the company of hundreds of bodies slowly resting. My alarm is supposed to ring at 4:15 a.m. but I turn it off. I’m ready to start.
I check the look of my makeshift fix on my saddlebag and decide to go with it regardless of its shabby appearance. I leave with Marjorie for this early departure, but as soon as the road starts climbing, I find myself on my own again.

After the Verdon Gorge, I discover the smaller ones of the Vercors with the rising sun. No need to put music here, I just let myself be distracted by the surrounding luscious landscapes and the morning birds. I pass some cyclists brushing their teeth while looking at a waterfall and see them later on, overpassing me in a climb. We chase each other on this big playground that is France.

Getting out of the Vercors takes some time. Even though I feel rested and ready to go, I’m unable to push on the pedals. My heart doesn’t seem to want to go higher than 125 bpm, even when I’m standing on the bike in a mountain pass. There’s not much I can do about it, so I just keep going. Slowly.

I arrive in the south of Grenoble and after feeling powerful again while descending, some buttock pain reminds me of reality. I make a mental promise to myself that I would stop before the pain starts becoming unbearable and so far, even though I did feel pain from the start, I was able to last 40 hours with it. I find a public toilet (kindly indicated by an Instagram follower, thank you!!!) and I start a ritual I’ll repeat 3 more times till the end of the race. I disinfect everything, apply antiseptic cream, apply healing cream and off I go.
It does take time, but I know that avoiding infections is key, so this fun race doesn’t become a nightmare.
One smart thing I did, though, and that everyone kindly and expressibly discourage, is to try a new saddle before a race. So I did just that, and in addition to the possible sores, I discovered a new type of pain: the smashing one. My genitals and my butt were squished against the saddle to a point where it felt like my sit bones were going to come out of my skin at any time. The only advantage to this new pain is that aesthetically, we were far from boils and the skin remained healthy, although very red and painful looking.

I kept going up to Bourg d’Oisans and while the climb was progressive and gentle, I felt like I was climbing another mountain pass.

Next on the plan was the Alpe d’Huez and I had the ambition to do it without stopping. I revised this plan at the second bend when I realized the sun wasn’t going to give me any breaks. The goal being to finish the race, I took breaks everywhere a stream of water was running down and was using this opportunity to cool myself off. I would also dip my cap in the ice-cold water, finding sometimes ingenuous ways to reach the stream when it was too far from reach. The climb took a long time, but I was able to make good progress without suffering too much from the heat.

At the top, I bit off the second part: Sarenne pass. I heard many things about this one, especially the fact that this is one of the place where I would have learned to drive a car and I decided, in the middle of the descent, to just stop the car and walk off from it since I wasn’t feeling it. I’m happy to say that this time, it went far better and I remained on the bike the whole time without passing it to someone to climb or descend it for me.

Sarenne was beautiful and very different from the previous pass, which left in my mouth a sour taste of bad mountain urbanism. I was so slow, I decided to let go of the feeling of the race for a moment and just took a break to look at the view. A lot of pictures later, I remembered why I loved doing all this, if it wasn’t for the dead-sunny climbs. I pushed the last efforts necessary to reach the top and I just enjoyed the result.

I exchanged a few words with a small boy, who let me know that there were some delicious blueberries on a nearby trail. I was half tempted to drop my bike and go but the family arrived later on. I politely discussed with them, letting them know I was on a race and eager to move on. Eventually, more than half-an-hour later, I was still talking and glad I was doing so.
I waved this new family goodbye and left with many greetings and kind words. I took them with me to start this fiery descent. Again, I loved it. It almost made the difficult climbs worth it.

Despite my leisurely pace, I still had some cyclists behind me and it proved to be a good motivation for my progress in the last 20 kilometres of the day. Some storms were forecasted for the evening, and I made the decision to stop in Villar d’Arennes for the night. I had the ambitious goal of riding all night, but also thought it would be plain stupid to find myself at midnight on the Galibier under a rainstorm. So I pushed on the last climb towards the Lautaret pass and arrived at my hotel at 7:30 p.m. I started a timer and an hour later, I had eaten/washed my clothes & myself, disinfected my butt and I was peacefully sleeping. I gave myself the luxury of a 7 hour night, hoping to gain some strength back in the morning.

At 4 a.m., I was back on the bike and I felt determined to finish the remainder of the race in one go with «  »only » » 6 passes left, two of which being above 2600m high. If this isn’t optimism, I don’t know what it is.
Once the Lautaret was reached, I headed to the Galibier. It was the only pass I really didn’t mind climbing at night since I knew it well, but life made it that I was climbing it for sunrise. And god, I wasn’t disappointed. The lights hit the Meije glacier and played with the clouds to highlight the top of the pass. I saw some chamois from afar, not letting the chance of any cyclist getting near it. Bit by bit, I was getting to the top.

Once there, I enjoyed the view on the two valleys for myself. I had been alone for the 3 hours of climbing. Proud of having climbed another pass, I quickly hopped back on the bike to enjoy the way down to Valloire. All went well and I was proudly dashing away. That was until a huge marmot decided it was time to end its life and mine in the process. I was following a car and out of nowhere, a fat (sorry, but true) ball of hair jumped BETWEEN the car and I. Surprised, I swiftly but lightly hit the brakes to avoid it. It was close.

I shouted out of fear and anger. Damnit. I was going at 70km/h and I was sure in my mind that the impact would have killed me. I was so mad.

During the whole descent, I couldn’t get off my mind the thought that I wanted to get back up there and find this marmot to let her know what she had done and how dangerous it was. I felt completely irrational, but this became my obsession, and I ended up shouting to the other marmots to warn the dumb one not to do it again.

Once at St Michel de Maurienne, the slow and painful (see how that’s a theme in the Alps?) climb to the Iseran started. I know that officially, it didn’t start until much later, but to me, it started right from where I stopped going down.

First though, I had to climb to Aussois and that also felt like a real chore under the sun. There were some clouds, which was definitely an improvement compared to the other days, but I almost missed the rain.
I arrived at Sollières, one of the base de vie, but saw no one. Not looking to waste time, I raided the nearby supermarket before it closed and bought enough to last me till the following day. I wanted to be finished by tomorrow morning.

I got back on the bike with a full belly. It took several long hours to finally reach the Iseran pass. I even had to walk the last bits above 10% since I couldn’t apply any more forces on the pedals. Many cyclists overpassed me, some that I would see for the last time since they would start sprinting towards the finish.
I saw Martina again, an Italian rider who signed up and who I was seeing almost every day. Always with a smile on her face, she was a bubble of energy I was looking forward to meeting in the mountains.

I started the long 50km descent to Bourg Saint Maurice and this is where the promised rain decided to unleash itself. I won’t comment on the timing of the thing, but will just say that I did not escape this wet blessing. I arrived in Séez, 48km later, completely drenched and cold. I had no energy to pedal any more and felt like I needed a break. My plan to climb the 3 remaining passes in the night, with storms, and wet, seemed compromised. I stopped at a restaurant to think with a burger and some fries. The reflexion brought me to book in a room and I repeated the same protocol as the day before. All my clothes were now drying on the electric heater and I was promptly sleeping. 3 hours later, the alarm rang and I got back on the bike.

1 a.m. departure with the certainty that, now, I would finish today, no matter what. When I got out, the storm seemed to have passed, since the roads were wet, but the sky was clear. I started the Cormet de Roselend and while the sleep did help a bit, I felt the same powerlessness once the road was hitting >10%.

The whole thing absurd. It was 2 a.m. and I found myself alone on this mountain pass, for more than 20 kilometres in the middle of nowhere. The night was quiet, the moon was proudly shining and I stood here, with my bike. Even my mind was looking for tricks to play me in order to add some bizarreness to this whole ordeal. Except for what I thought was a boar running away from me in a nearby field, I felt at peace. At peace with the potential dangers, realizing that really, the only danger on the road that night, was me. This was a personal win-win, so I moved on with this conviction in mind.

At the summit, a flash of light brought some of my attention. I looked on the side, but I saw nothing. I looked back and no-one either. I thought I was starting to have visual hallucinations, although that was odd after sleeping three hours. Perhaps it was just the reflection of my light on the wet pavement?
I finished with my pictures and the doubt was finally raised. A huge lightning struck the sky and a few seconds later, the familiar thunder crashed in the mountain.

Shit.

I took the time to openly complain to the weather and started to put all the layers I had on. I need to go down NOW. I sprinted at a record-speed, while trying not to die or not accidentally end up in the lake I thought I was seeing in the dark. My descent was rhythmed by the duration between the lightning and the thunder.
1, 2, 3, 4… Damn, it was getting closer. I felt like I was in a bad American blockbuster with some grotesque suspense.

I reached the bottom of the pass and stopped to take the time to think about what to do next. I was close to Beaufort but what could I find there open at 4:30 a.m.?

Some raindrops fell and the plug of the sky’s bathtub was finally removed. A ridiculous amount of rain started falling and I found immediate shelter under a cliff. I was half-amused by the sudden turn of events, and I watched with mesmerism the scene.
It became quickly not-funny when my shelter became flooded and I had to look for a new spot. Out with my phone, I ran around the intersection to find something that could work.
An abandoned and closed barn with a large roof seemed like it could do the job. I moved my bike there and waited here.

The equivalent of several holy bathtubs was being released over my head, in a tireless rhythm. I decided I would wait out the rain, as it seemed to be the best recipe for hypothermia to finish the two remaining passes like this.
I started getting cold and got out my survival blanket. It helped a little.
30 minutes later, the bathtubs were still not empty.

I decided to put this time to good use and set a timer, found a « comfortable » spot on the ground and laid there to sleep.
Every 30mn, I would wake up to check the weather.

It took 2h30 for the rain to stop. I heard voices from afar and when I got out of my survival blanket, I saw another cyclist, the one who had slept in Beaufort the night before. It was time to get back on the bike and finally finish this race.

The Saisies pass was long but the view on Hauteluce worth it. At the top, I was prepared to find the usual lonely pass, and I was surprised to discover instead a busy mountain town with many tourists. I dashed down the pass, as it became my habit, welcoming the thought that I only had one mountain pass left in this grand-scale emotional roller-coaster.

I decided to stop and eat in Cluses before starting the last pass. I knew I had to focus for this one. I don’t know if it’s fatigue or bad planning but I thought that the Colombière pass would the easiest one, but it proved to be exactly the contrary. The last 3 kilometres are above 10%.

My goal, this time, was to achieve the pass in one go and not put one foot down. I focused and started.
I breathed, I pedaled, I moved.
I arrived at the Reposoir, known as the ‘flat’ part of the pass, which gives my legs a nice break. But as I promised to myself, I won’t stop. So off I am and I keep climbing.
As for the Ventoux, I start to see the top of the pass in the last 5km. It seems close, but the road to get there is unforgiving. I zigzag the last 3 kilometres and I want to stop at almost every opportunity. I want to walk.

But I don’t. I stay on the bike. I stand up on the bike. It’s long. But I make progress.

I reach the top. I want to release everything I’ve been holding for days but I know it’s not the time yet. I still have to carry the tears until Doussard, no matter the temptation to cry them here.

While it was the last climb, it’s not the end yet. 50 kilometres are left on the itenrary, mostly going down, but with two small bumps.

These two small bumps scare me. Somehow, in my head, they become bigger than the passes I’ve done the day before.

At the bottom of the first, I remove my vest and take some time to compose myself. « How silly would it be that someone overcome now » I think. I look back and stare at the contestant who’s overtaking me at this very moment. Shit.

I get back on the bike. I’m slow, but I get there. First bump done. I dash to the second one. This last one is harder on the legs. They feel like they’ve been cheated again by my head. They were told we were descending, and while we still were, they decided they had done their climbing job for the day.

I convinced them to bring me up that second bump again and we started the last descent. The view on the lake was a kind reward. If only my legs had eyes to see…
The paragliders were flirting with the clouds, and the peacefulness of it all calmed me.

I arrived in Doussard. The arrival was even quieter than the departure. It almost felt anticlimactic. Three tired volunteers clapped timidly. The one cyclist who overtook me was there too.
I didn’t know what to do with myself. I put the bike there and I was given a medal and a tee-shirt. I numbly had my picture taken by my kind mom, who was here. And like this, it was over.

It is true that the race may feel solitary. That being said, I never really felt alone. For the first time, I had a supportive machine all encompassed in my phone. Every time I would look at the screen, I would read a new supportive message on social media. I almost had a crowd, an invisible one, cheering me up for every difficult time I would share on the race. How bizarre to go from this invisible but noisy support to a quiet and eventless arrival.
I guess this is what it looks like when you arrive at the bottom of the ranking.
Despite all that, I’m grateful for the tired claps. I’m grateful for the exhausted volunteers who stayed till the end with a smile, who kept on cheering arriving cyclists, even though it was the 50th time of the day and there remained 10th more in the last 13 hours.

This was my first real race. I under-estimated it by a lot, and I really struggled to finish it.
Yet, I still got there without having put myself in difficult or dangerous situations, without feeling like I was close to quitting, without becoming disgusted of the bike. It was hard but doable.
I had pains, but they remained manageable.

And I was never alone in the end. May it be from the greetings and words of encouragement from every cyclist who passed me, from the people on the side of the road who watched dumbfounded the race go on, the friends who sent small DMs and recomforting messages, to the family who was anxiously following the dot move on a map, to all the persons I’ve never met but who regularly sent their support, I never biked on my own.

So here we are now. We’re in the ‘after’ My mother says one needs to mourn the end of a project, so I guess this is what I am doing now. Mourning the project, which gave me a goal for 9 months, pushing me through the months of lockdown and curfew.
The time needs to do its mighty work.

Now, after I’ve rested for a week since I arrived, I just have to give myself some time. Some time to enjoy biking for what it is: a journey on two wheels.